Les obsèques de notre camarade Maurice Gentil ont eu lieu vendredi 27 mai en la chapelle Notre Dame des Apôtres à Bouguenais les Couëts.
Vous trouverez ci-dessous le texte de l’éloge funèbre prononcé par notre Président Claude Fouin.
Une galerie photo est en ligne à l’adresse suivante : http://unp44.fr/gallery2/main.php?g2_itemId=345
Capitaine Maurice Genty
Ta famille, tes anciens compagnons d’armes, tes camarades de toutes les associations et amicales dont tu faisais partie : Légion d’Honneur, Médaille Militaire, DPLV – ACUF – ANOC – TDM- tes amis, les anciens parachutistes de tous grades d’hier et d’aujourd’hui de Loire-Atlantique et de Vendée sont réunis ici pour te rendre un dernier hommage et un ultime adieu. Tous sont là présents pour te témoigner la considération, l’estime et l’affection qu’ils te portent.
Maurice est né le 12 novembre 1921 à Saint-Marcel en Saône et Loire, ses racines qu’il aimait retrouver avec ses anciens conscrits et ramener quelques bonnes bouteilles du terroir bourguignon.
Tu t’engages en janvier 1940 pour la durée de la guerre, mais sept mois plus tard tu es démobilisé du fait de l’armistice. Toutefois en janvier 1941, tu rengages 4 ans pour servir au 13ème RTS, stationné en Algérie puis à Dakar. Tu es nommé caporal puis caporal-chef.
En 1943, tu es de nouveau désigné pour l’AFN, tu rejoindras Bizerte puis Djidjelli au sein du CLI qui devient 5ème RIC. Entre temps tu es nommé sergent.
En mai 1945 avec ton commando, tu embarques pour Colombo à l’époque des Indes anglaises où tu es breveté parachutiste. Puis ce sont les opérations de contre guérilla qui commencent pour chasser l’occupant japonais. Tu es parachuté au Siam puis au Laos. Tu passes successivement sergent-chef et un peu plus tard sergent-major. Au cours de cette période tu obtiens une première citation au titre de la guerre 39/45. Le 15 septembre 1946, tu es breveté moniteur parachutiste et promu adjudant en 1948. En fin de séjour, tu es rapatrié sur la métropole où tu rejoins la première demi-brigade para à Vannes-Meucon.
En novembre 1949, tu es à nouveau désigné pour l’Indochine et servir au 1er BCCP puis aux Commandos Nord-Vietnam en 1951 après une prolongation de séjour. Pendant ce 2ème séjour, trois titres de guerre te seront décernés à l’ordre de la brigade, de la division et du corps d’armée. Tu es promus adjudant-chef le 1er avril 1953.
De retour en métropole tu es admis à suivre le stage des EOA à Saint-Maixent et tu es promu sous-lieutenant. Tu rejoindras à nouveau la 1ère ½ BCCP à Bayonne en octobre 1954 qui entre-temps a déménagé de la Bretagne. Mais bientôt c’est l’Algérie qui s’enflamme, et que tu rejoindras pour servir au 2ème RPC. Tu es promu lieutenant en octobre 56. Le 5 novembre 1956 avec ton régiment, commandé par le colonel Château-Jobert, tu es parachuté à Port-Saïd en Egypte. Opération réussie militairement mais foirée politiquement. De retour en Algérie, tu poursuivras les activités opérationnelles de ton régiment. Tu seras à nouveau cité et décoré de la croix de la valeur militaire pour une brillante action où tes capacités de chef de section et d’entraîneur d’hommes, sont mises en évidence. Dès la fin de ton séjour en Algérie, tu es désigné pour servir à Madagascar, séjour qui durera 30 mois. C’est sur ce territoire que tu rencontreras une charmante jeune fille que tu épouseras en octobre 59.
Puis à nouveau le 1er RPIMa à Bayonne où tu es promu capitaine en 1962. Tu y exerceras le commandement d’une compagnie d’instruction.
Courant 1963, tu pars avec ta famille pour un séjour au Cameroun pour y servir au titre de l’assistance technique. Tu t’impliqueras pleinement dans ta mission de coopérant. Cet Etat fraîchement indépendant est encore peu stable, l’union sacrée n’étant pas encore réalisée cela se traduit par des troubles interethniques. Par ta fonction de coopérant, tu participeras à des opérations de maintien de l’ordre. Tu te distingueras le 29 juillet 1964 en abattant plusieurs rebelles menaçant la sécurité de tes hommes. Pour cette action, tu es cité à l’ordre de la Vaillance Camerounaise.
De retour en France, faisant valoir tes droits à la retraite après 25 ans de service, tu es rayé des cadres et de l’armée d’active, après un stage d’initiation aux affaires à la chambre de commerce à Paris. Maurice poursuivra alors une carrière dans les assurances au sein des Mutuelles du Mans.
Voilà résumé, ton riche passé militaire aventureux. Tes 7 titres de guerre, ta rosette d‘officier de la Légion d’Honneur et ta médaille militaire montrent que tu as été un vaillant soldat et que tu as souvent mis ta vie en danger au cours de ces trois guerres menées loin de la métropole.
Les anciens parachutistes que nous sommes sont en deuil. Maurice était la gentillesse et la générosité même. Il appartenait à de multiples associations, ne ménageant pas sa peine pour participer à toutes les festivités, les rassemblements patriotiques mais aussi à nos peines.
Ma dernière visite à ton domicile la semaine dernière avec un camarade me laissait peu d’espoir, ton état physique et moral laissait présager une proche fin de vie. En fin de messe, un camarade viendra dire notre prière, celle que tu as tant de fois récitée sans papier devant le linceul ou le cercueil de tes camarades tombés au hasard des combats dans la jungle indochinoise ou pour les obsèques de camarades de notre association.
Cher Maurice, que Dieu te garde dans le repos éternel, que notre patron saint Michel t’accueille auprès de lui et te réserve une place privilégiée au paradis des parachutistes.
Tes enfants et petits enfants peuvent être fiers de leur père et grand-père. Au nom de tous nos camarades des associations présentes ici, j’adresse à Madame Annick Genty, souvent mise à l’épreuve et à toute sa famille nos sincères condoléances et notre profond respect.
Maurice, tu vas nous manquer, nous ne t’oublierons pas, nous te disons adieu.